Santé mobile Docteur_Gratuit

Publié le 6 juillet 2015 | Par Laurent Mignon

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Docteur Gratuit, Orange va-t-il ubériser la médecine ?

La consultation a 23 € vous connaissez, mais la consultation gratuite qu’en pensez-vous ? Un mythe, une utopie, une réalité pour demain… ou aucune de ces trois options ?

Si vous cochez ce dernier point, vous avez raison, car, depuis deux petites semaines, une application mobile de santé venue d’Indonésie, Docteur Gratuit, propose des téléconsultations gratuites en Français.

Docteur Gratuit, l’avis médical sans restriction géographique ni financière

Conçue par le Dr Jacques Durand, cette déclinaison francophone de l’application mobile de santé Doctor Gratis propose depuis son smartphone d’avoir accès à un médecin immédiatement, sans prise de rendez-vous préalable et ce de 9 heures du matin à 21 heures en semaine, et de 5 heures de l’après-midi à 21 heures le weekend et les jours fériés.

Nul besoin de carte de crédit ou de prépaiement, des médecins francophones répondent gratuitement pour l’utilisateur à toutes questions afin de prodiguer un conseil médical.

Pour permettre à ces médecins de délivrer le meilleur conseil, il est même possible, depuis l’application mobile, d’envoyer des photos ou vidéos à ceux-ci.

Suivant la problématique, ces médecins généralistes peuvent orienter vers une consultation, payante cette fois-ci, d’un spécialiste. Celui-ci pouvant alors étudier plus précisément le dossier médical, proposer des examens, poser une prescription.

Docteur Gratuit, et si Orange payait votre consultation

Au-delà des aspects juridiques et réglementaires (pour l’instant Doctor Gratuit n’est pas accessible aux personnes francophones résidant en Europe en raison du cadre juridique), la véritable question qui se pose est : mais quel est le modèle économique de Doctor Gratuit sachant que, sur le web, si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit !

Et bien, avec Docteur Gratuit ce n’est pas vous le produit. Cette application est en faite une application fremium :

  1. Le premier niveau correspond à la consultation “standard”, le live chat avec un médecin généraliste, et est gratuite.
  2. Le deuxième, accessible via le web, permet de dialoguer, de façon asynchrone, avec un spécialiste.
  3. Le dernier correspond à une visio-consultation, via votre smartphone, avec un spécialiste sur rendez-vous.

C’est bien beau tout ça m’objecterez-vous, mais sachant que 80 % des motifs de consultations peuvent être pris en charge par un généraliste comment ce modèle économique peut-il être viable ?

La réponse est assez simple, tout en étant inédite dans le domaine de la santé. De fait, à l’heure de la Data en santé, Docteur Gratuit pourrait tout à fait revendre les données des patients utilisateurs du premier niveau afin de se financer. Mais c’est une autre voie que son fondateur a choisie : celle de la rémunération par les opérateurs de téléphonie selon le volume “téléphonique” consommé.

Eh oui, en utilisant l’application vous consommez des données cellulaires et plus vous consommez de ces données, plus vous rapportez à votre opérateur.

En vous incitant, certes indirectement, à consommer de la donnée pour utiliser son application Docteur Gratuit contribue donc à la réussite économique de votre opérateur de téléphonie.

Alors, verra-t-on demain Orange, SFR ou Bouygues rémunérer des startups ou des services médicaux online pour les e-consultations que nous passerons ?

Si ce n’est pas encore le cas en France, ce modèle, qui a déjà fait ses preuves en Asie – 1 000 téléconsultations par jour – et commence à s’étendre aux pays francophones du bassin méditerranéen où l’accès aux soins peut être un problème, pourrait toutefois intéresser les autorités de santé et les tutelles financières qui veillent à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale de notre pays.

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A propos de l'auteur

Co-fondateur et directeur de LauMa communication, la e-santé m'interpelle depuis quelques années. J'essaie d'y contribuer en favorisant la diffusion de l'information et en m'impliquant dans des associations telle que Le Lab e-Santé (Isidore Internet et Santé), en tant que membre de la commission service du pôle de compétitivité Cap Digital ou en qualité de Délégué général de France eHealthTech, l'association regroupant les startups de la e-santé.



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