Hôpital visuel_hospilike

Publié le 24 novembre 2016 | Par Laurent Mignon

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CHU et hôpitaux sur Twitter, au-delà du nombre d’abonnés

Alors que ce clôture, la 2e édition d’HospiLike, la Rencontre des Réseaux sociaux hospitaliers, événement créé par le CHU d’Angers, my Little Santé vous propose un petit focus sur les établissements de santé (CHU, CHRU, CH, cliniques privées…) présents sur Twitter.

Certes ce classement n’est pas exhaustif et est donc, si ce n’est de parti pris (ma liste des établissements présents sur Twitter comptant 105 comptes), partiellement subjectif.

Twitter, un effet taille…

Le classement des établissements de santé sur Twitter par le nombre d’abonnés fait clairement ressortir un effet taille (celle du bassin de soins notamment). Ainsi, sur les 15 premiers comptes, 13 sont des comptes de CHU (AP-HP, Limoges, Nantes, Lille, Angers…) ou d’établissement lié à un CHU (Necker, Pompidou), 1 est le compte d’un groupement d’établissements (UNICANCER). Il faut donc féliciter le CH de la Côte Basque qui arrive à tirer son épingle du jeu avec plus de 3 100 abonnés, se classant donc en 9e position juste devant l’AP-HM. À noter que 8 comptes franchissent la barre des 4 000 abonnés.

Les 15 premiers comptes par le nombre de followers

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… mais pas que

Classer les établissements de santé par leur nombre d’abonnés sur Twitter est un premier exercice. Mais, est-ce représentatif ? Penchons-nous donc du côté du score d’engagement pour voir si le classement est perturbé.

Pour mémoire, l’engagement est un score montrant la moyenne de la fréquence avec laquelle un abonné interagit avec le compte. Il est calculé en divisant le montant quotidien de retweets et de favoris par le nombre d’abonnés.

Avec ce score, tout change. Ainsi, l’AP-HP, 1er en nombre d’abonnés, recule à la 11e place, le CH de la Côte Basque se maintient en étant 10e, et la tête de ce classement est pris par la Clinique Urologique Nantes-Atlantis.

À noter que parmi les 8 comptes de plus de 4 000 abonnés, le CHU d’Angers à se classe 1er sur ce score d’engagement.

Les 15 premiers comptes selon l’engagement

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Existerait-il donc un ratio à partir duquel un fort taux d’engagement global est difficile à maintenir ? L’engagement peut-il être le seul critère ? Pour aller plus loin, regardons les mêmes comptes classés selon leur IPP, un indicateur créé par Fanpage Karma, qui représente le succès global du profil Twitter et s’articule de la valeur du karma, du développement hebdomadaire, du compte du nombre total d’abonnés et du ration abonnés-abonnement.

Encore une fois, tout change… mais ce classement se rapproche de celui selon l’engagement.

L’AP-HP passe à la 10e place, le CHU d’Angers à la 8e – conservant sa 1re place parmi les comptes de plus de 4 000 abonnés et le CHU de Montpellier se hisse en haut de ce classement.

Les 15 premiers compte selon leur IPP

podium_twitter_ipp

Mais que retenir de tout ceci. Le premier critère à prendre en compte pour un établissement de santé sur Twitter est-il le nombre d’abonnés ?

Premier indice si Coca Cola France était un établissement de santé, son compte Twitter trusterait la 1re place du classement par le nombre d’abonnés avec plus de 202 000 abonnés (pour 1 233 abonnements) mais descendrait à la 9e place selon l’engagement et chuterait même à la 40e selon son IPP.

Plus proche des établissements de santé, la Haute Autorité de Santé fait figure de champion avec ses 36 500 abonnés, toutefois sont score d’engagement (0,1%) et son IPP (12%) ne lui permet de se classer qu’à la 25e place pour l’engagement et à la 32e place pour l’IPP si elle était intégrée dans ce classement.

Pour aller plus loin, il est donc nécessaire de s’extraire des chiffres et d’aborder les conditions d’usages des réseaux sociaux et de Twitter par les établissements de santé.

Twitter et les établissements de santé, questions à Anita Rénier, Directrice de la communication du CHU d’Angers pour aller au-delà des chiffres.

Bonjour, le compte du CHU d’Angers se classe en 7e position par le nombre d’abonnés sur Twitter parmi l’ensemble des établissements de santé référencés par my Little Santé.

En parallèle, il occupe la 1re place du classement des comptes d’établissements de plus de 4 000 abonnés selon l’engagement mais aussi selon l’IPP. Tout d’abord, comment se situe Twitter dans votre stratégie de communication ? Est-ce un réseau plus prioritaire que Facebook ? 

Les réseaux sociaux sont un outil, un medium comme les autres dans une stratégie de communication. Pour atteindre certains objectifs, nous allons miser sur les relations presse, l’événementiel, l’édition… et pour d’autres sur les réseaux sociaux.

Ainsi pour Twitter, certaines campagnes, notamment celles vers les futurs internes ont été créées à travers et pour les réseaux sociaux. A partir du moment où vous avez un outil qui est en adéquation avec vos objectifs et votre cible, il fonctionne et les internautes, les twittos en l’occurrence, répondent.

À l’inverse, si vous utilisez les réseaux sociaux de façon non objectivée et systématique, vous délayez votre information, elle perd de l’intérêt et le réseau social, la communauté ne vous suivent plus.

Concernant l’usage de Twitter et Facebook, pour ce dernier nous sommes très clairement sur une population d’usagers, celles de notre bassin de soins, et sur notre communauté interne de professionnel de santé, ceux qui travaillent au CHU. Twitter, quant à lui, nous permet de nous adresser à une population qui est en dehors de notre bassin. Par le biais des e-influenceurs du monde hospitalier, nos messages peuvent toucher une population qui ne viendrait pas sur notre page Facebook, les jeunes hospitaliers qui sont dans les autres CHU, nos futurs internes, en sont un bon exemple.

De façon plus pratique, pour les établissements de santé qui souhaiteraient développer leur présence sur Twitter, comment le compte est-il géré au quotidien ? Est-ce une seule personne qui en a la charge ? Combien de temps par jour lui est –il consacré ? Et surtout, si vous n’aviez qu’un seul conseil à donner, quel serait-il ?

De façon lissée sur l’année, la gestion des réseaux sociaux représente un équivalent temps plein. Je dis “lisée“ car l’activité sur les réseaux sociaux peut varier, notamment en raison de phase de communication de crise ou de communication directe avec les usagers. Concernant la gestion du compte Twitter en lui-même, nous sommes trois à la prendre en charge :

  • Nolwenn Guillou qui est en charge des relations presse, Twitter étant aussi pour nous un médium utilisé en gestion des relations presse, il nous permet également de toucher des cibles plus institutionnelles,
  • Lucie Philippe, notre webmaster
  • et moi-même.

Enfin, pour le conseil, je n’en ai qu’un : avant même de vous engager dans la publication sur les réseaux sociaux, avant de tweeter… soyez au point sur la veille. Les réseaux sociaux permettent d’écouter les publics et ainsi mieux les connaître.

PS : Les classements qui figurent dans ce post ne représentent qu’un instant T. Les scores ont été relevés aujourd’hui, entre 6h30 et 7h00 via Fanpage Karma.


A propos de l'auteur

Co-fondateur et directeur de LauMa communication, la e-santé m'interpelle depuis quelques années. J'essaie d'y contribuer en favorisant la diffusion de l'information et en m'impliquant dans des associations telle que Le Lab e-Santé (Isidore Internet et Santé), en tant que membre de la commission service du pôle de compétitivité Cap Digital ou en qualité de Délégué général de France eHealthTech, l'association regroupant les startups de la e-santé.



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