Santé mobile SanteMentale

Publié le 31 août 2015 | Par Laurent Mignon

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La santé mobile fait sa rentrée sous le signe de la santé mentale

L’heure de la reprise sonnant demain pour les collégiens et lycéens et d’ici quelques jours pour les étudiants, my Little Santé vous propose de démarrer cette nouvelle année scolaire sous le signe de l’université, de la santé mentale et de la santé mobile en allant à la rencontre du Dr Jean-Marie Sengelen, psychiatre au Centre Hospitalier de Rouffach, qui démarre une étude dans le cadre d’un diplôme interuniversitaire (DIU) afin d’évaluer les attentes et utilisations d’applications mobiles en santé mentale pour les usagers.

Docteur, bonjour, tout abord, quel est l’objet de l’étude que vous menez ?

 La proposition d’outils numériques dans le domaine de la santé croît de manière exponentielle. De plus en plus d’outils sont disponibles non seulement pour les professionnels de santé, mais également à destination des personnes présentant un problème de santé.

Les conditions médicales au long cours comme le diabète sont des troubles qui se prêtent bien à ces nouveaux outils. Les applications développées permettent de mieux comprendre l’impact de l’environnement sur les symptômes, d’aider à mettre en œuvre des mesures à impact positif et éviter les facteurs à impact négatif, de faciliter l’organisation de ses rendez-vous, d’aider à gérer son traitement au quotidien, etc.

Dans le domaine de la santé mentale des applications se développent également. Je suis persuadé que la e-santé est un moyen de rendre les usagers acteurs de leur santé et je souhaite, à travers cette étude, connaître mieux les attentes et les réticences des utilisateurs face à ces applications. L’objectif est donc d’explorer au travers des questions, l’utilisation des outils numériques par les usagers, les modes de recours à ces outils, les attentes et les limites exprimées.

Cette enquête s’inscrit dans un travail universitaire et servira à la rédaction d’un mémoire du diplôme interuniversitaire de santé mentale communautaire coordonné par le CCOMS.

Comment en êtes-vous venu, en tant que médecin et à titre personnel, à vous intéresser à la e-santé ? Par curiosité intellectuelle ? En échangeant entre confrères ou bien lors de consultation avec des patients ? 

Je suis un peu geek et suis persuadé depuis longtemps que les smartphones sont des témoins intimes de nos vies (pour le meilleur et pour le pire…). Je crois  que de nombreux facteurs de notre environnement quantifiables directement ou indirectement par les smartphones et wearables ont un impact sur notre santé physique et mentale. Il me semble que le médecin doit avoir un rôle d’éducation et de partenaire pour utiliser et donner sens à ces données qui peuvent être récupérées volontairement par le patient via des objets connectés de santé.

La psychiatrie et la santé mentale ont été l’un des domaines où la télémédecine a démarré le plus vite (téléconsultation par radio, par téléphone…). Aujourd’hui, il semble que les nouveaux véhicules de la e-santé (programme de coaching sur le web ou applications mobiles) délaissent ce domaine. Selon vous est-ce lié au fait que certains domaines thérapeutiques soient plus techniques et quantifiables (ex : le diabète et les constantes physiologiques) ou tout simplement à un moindre intérêt des développeurs pour ce domaine ?

Il me semble que la relation médecin-malade sera toujours le cœur de la pratique médicale, mais les rôles glissent. D’un statut de sachant omniscient, le médecin passe à un statut de partenaire-expert dans le soin. C’est l’image classique d’un passage de la verticalité de la relation à une certaine horizontalité. Avec internet, il est facile de plus en savoir sur un domaine spécifique que son médecin généraliste.

Mais quand il s’agit de coordonner le soin, de relativiser la situation, de savoir quoi faire, le médecin reste un pilier. Dans le domaine des pathologies chroniques un des rôles du médecin est de rendre expert le patient dans sa pathologie et pour cela je suis persuadé que les nouvelles technologies sont une aide précieuse.

Concernant la technicité il est certain que du quantifiable représente du pain bénit pour tout ce qui se code (applications, software…). Tout le monde veut faire du diabète et c’est logique pour cette raison et pour les technologies déjà présentes. Le domaine de la santé mentale est en ce sens aux antipodes de cette spécialité, mais pour autant il existe des initiatives très encourageantes dans le domaine (ex : projet MONARCA).

Concernant l’enquête en elle-même, comment en est née l’idée ? Comment ce projet s’intègre-t-il dans le travail du CCOMS ? Savez-vous si ce même type d’étude en santé mentale a été mené à l’international ?

Cette enquête s’intègre dans le cadre d’un DIU en santé mentale communautaire, les axes centraux de celui-ci étant l’empowerment et la déstigmatisation de la pathologie mentale.

L’idée est de dire que la santé mentale n’est pas la chose des psychiatres, mais au contraire des usagers et de l’ensemble des acteurs de la société civile (dont les psychiatres). Cette enquête est née dans le cadre de mon sujet de mémoire pour ce DIU, afin d’explorer l’utilisation des applications en santé, les attentes et les craintes des usagers. Par ailleurs, je travaille en lien avec le GIP Symaris qui développe un progiciel SIH pour les établissements de santé en psychiatrie et nous envisageons le développement de ce type d’application.

 

Si vous souhaitez faire progresser les connaissances sur les attentes et l’utilisation d’applications mobiles en santé mentale, n’hésitez pas à participer à cette étude ou à partager ce lien : https://docs.google.com/forms/d/1qGJz8yXnIX6bVmay02RVMP7jn0ho3guLSleF82pOOR8/viewform?usp=send_form

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A propos de l'auteur

Co-fondateur et directeur de LauMa communication, la e-santé m'interpelle depuis quelques années. J'essaie d'y contribuer en favorisant la diffusion de l'information et en m'impliquant dans des associations telle que Le Lab e-Santé (Isidore Internet et Santé), en tant que membre de la commission service du pôle de compétitivité Cap Digital ou en qualité de Délégué général de France eHealthTech, l'association regroupant les startups de la e-santé.



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