Santé 2.0

Publié le 5 mai 2015 | Par Laurent Mignon

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Esperity, lorsque la santé 2.0 devient santé connectée

Lancée fin 2013 en français et d’origine belge, Esperity est une plateforme multilingue 2.0 dédiée au cancer revendiquant actuellement 5 000 utilisateurs pour 9 000 connexions.

Son objectif est d’améliorer la lutte contre le cancer en donnant aux patients un outil pour mieux comprendre leur maladie, leur permettre de partager leur vécu et rester à l’écoute d’autres patients.

Les créateurs d’Esperity espèrent permettre de sortir de l’isolement certains patients tout en améliorant les connaissances sur l’interaction entre traitement, qualité de vie et marqueurs génétiques. Pour eux, ces interactions peuvent fournir des informations utiles pour améliorer le combat contre le cancer et finalement redonner l’espoir à certains patients.

Esperity se distingue d’autres plateformes 2.0 par quelques fonctionnalités. Si la connexion entre pairs ainsi que le partage d’expérience sont la base même de tout réseau social, Esperity propose également de suivre son état de santé et de créer des rapports personnalisés. Allant encore plus loin, Esperity dispose d’un moteur de recherche afin de permettre à ses membres de trouver un essai clinique qui leur convient (actuellement, 46 000 sont répertoriés).

Transparent, Esperity annonce clairement que sa mission est d’améliorer la connaissance des différents éléments influençant l’efficacité d’un traitement anticancéreux donné et qu’il se tourne vers les acteurs de santé (entreprises ou laboratoires).

De fait, Esperity leur propose : une participation dans des programmes de suivi d’observance thérapeutique, l’analyse de données permettant d’accroître la compréhension de certains effets secondaires de médicaments ou d’interactions médicamenteuses, une plateforme offrant la possibilité d’intégrer du matériel d’information ou d’éducation à l’attention des patients. Son business model est clair et accessible à tous.

La santé connectée, un apport à la recherche clinique

Sur la base de ces fonctionnalités, Esperity a annoncé hier, le 4 mai 2015, le lancement d’un programme de recherche, pan-européen, en collaboration avec l’Université Catholique de Louvain et le SIRRIS.

Au sein de ce programme, Esperity et ses partenaires vont étudier les données d’objets connectés. Ces derniers seront eux-mêmes utilisés par des personnes touchées par un cancer du sein, de la prostate ou des intestins.

Fitbit Charge“Nous allons utiliser des objets connectés tels que le bracelet Fitbit ou de celui de Microsoft afin de mieux comprendre et d’améliorer les résultats des traitements face au cancer. Il apparaît que le mode de vie des patients et son impact sur la qualité de vie sont des éléments décisifs qui peuvent influencer la réponse thérapeutique face au cancer”.
Mitchell Silva, président et co-fondateur de la plateforme

La première étape de ce programme est une étude de faisabilité qui va inclure une centaine de personnes sur une durée d’un an. À partir de l’an prochain, Esperity commencera donc à collecter des données.

La santé connectée à l’heure de l’EBM

Au-delà des publications scientifiques, les résultats serviront à développer différents modèles visant une amélioration du mode de vie des personnes touchées par un cancer.

Les équipes d’Esperity vont travailler sur ce sujet avec divers spécialistes médicaux du monde universitaire pour produire un ensemble d’évaluations sur la qualité de vie basées sur des échelles de valeurs scientifiques préalablement validées dans la littérature médicale.

Sur cette base, Esperity aimerait étudier l’existence éventuelle d’un lien entre certains facteurs génétiques et les effets des traitements sur différents paramètres d’évaluation de la qualité de vie.

Un programme et des résultats à suivre de près…

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A propos de l'auteur

Co-fondateur et directeur de LauMa communication, la e-santé m'interpelle depuis quelques années. J'essaie d'y contribuer en favorisant la diffusion de l'information et en m'impliquant dans des associations telle que Le Lab e-Santé (Isidore Internet et Santé), en tant que membre de la commission service du pôle de compétitivité Cap Digital ou en qualité de Délégué général de France eHealthTech, l'association regroupant les startups de la e-santé.



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